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FIGURES DE DOUARN

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    • Temps de fête Douarnenez - 19 au 22 aout 2012 - Thierry – 42 ans.D’une fête médiévale à un festival maritime, Thierry déplace son enclume pour partager avec le public sa passion : la forge. Cent vingt-deux kilos d’acier que l’homme porte à mains nues, sans même osciller sa crête. Il faut dire que Thierry est fils de bûcheron. C’est d’ailleurs en accompagnant son père chez le ferronnier pour se procurer une hache, qu’est née sa passion pour la forge. Il débute comme serrurier, puis poursuit ses études en ferronnerie d’art. À l’âge de seize ans, il est nommé meilleur apprenti de la région Centre. À deux pas de chez lui, les châteaux de la Loire lui ouvrent leurs portes. Fer de lance, penture, rien n’échappe au marteau habile du jeune forgeron. L’artisan du feu ira même jusqu’à traîner le cuir de son tablier et de ses bracelets dans les salles de Versailles. Mais en 2005, son avenir vole en éclats, des coups d’un AVC. Les médecins lui annoncent qu’il ne pourra retourner à la forge. « C’était terrible car je ne savais faire que ça. Et ma vie, c’est le feu ! ». Les flammes de son four s’éteignent. Thierry s’exile avec sa petite famille en Bretagne, au Cap Sizun. Cinq années s’écoulent. Et puis un jour, il découvre une ancienne serrurerie à vendre, à Pont Croix. La tentation est trop forte. Thierry rachète la bâtisse pour retourner à ses premiers amours, le fer et le feu. Depuis ce jour, le four de l’un des derniers forgerons de France ne s’arrête plus une journée. La forge tourne en permanence pour satisfaire les demandes des amateurs de ferronnerie. « Chaque pièce est un défi, chaque pièce est unique. ». A ses côtés, Titouan, son fils de treize ans, lui prête main-forte. « Je lui apprends les bases du métier, mais il veut s’orienter dans la charpente. Ça me fait mal, mais c’est comme ça… J’espère transmettre un jour mon savoir-faire à un jeune. ». Et puis quand Thierry a un peu de temps libre, l’ancien forgeron des châteaux se consacre à restaurer les phares de Bretagne. Un nouveau combat pour sauver le patrimoine français. .

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Julien girardot / Sea & Co
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    • Temps de fête Douarnenez - 19 au 22 aout 2012 - Bernard – 72 ans.L’histoire de Bernard, c’est celle d’un marin d’eau douce devenu pêcheur de thon. L’homme a grandi loin du large, en bordure de rivière, en Haute-Loire. Pourtant tout gamin, il construit des maquettes de bateaux, des voiliers sortis tout droit de son imagination. «  J’aimais la mer avant même de l’avoir vue ! ». C’est à Montluçon, à l’âge de quatorze ans qu’il rencontre pour la première fois l’océan. À l’âge adulte, devenu professeur de sport, Bernard débarque à Boulogne-sur-mer. Là-bas, il adopte la pipe et la casquette bleu marine. En 1963, il se lance dans la restauration de « La Toupine », un bateau de huit mètres cinquante de long. Trois ans après, le chantier achevé, il peut enfin naviguer sur son voilier, avec sa femme Monique. Les années passent et la retraite arrive à grands pas. « J’étais à la retraite depuis deux ans, quand je suis tombé sur une annonce pour une campagne de pêche au thon blanc dans le Golf de Gascogne. » Il s’inscrit sur le champ. Avec sa femme, Bernard embarque sur la Nébuleuse, un thonier mis à l’eau en 1949. Sur le vieux gréement, ils découvrent les techniques de pêche à l’ancienne, avec les tangons et les lignes. Une saison, deux saisons, trois saisons, l’homme devient un mordu de pêche, jusqu’au jour où il se voit offrir un poste de matelot à bord du bateau. « Le marin de la Nébuleuse ne pouvait plus embarquer, alors ils ont dit, Bernard, lui, il sait faire…  » Et c’est là que sa vie entre rivière et mer démarre véritablement. L’hiver, Bernard fabrique les lignes et les leurs dans sa ferme en Haute-Loire. L’été, il partage avec d’autres passionnés les techniques de la pêche au thon à l’ancienne, il leur mijote aussi de bons petits plats pendant les traversées. « Tant que j’aurais deux jambes et une canne, j’embarquerais pour les campagnes sur la Nébuleuse » A bon entendeur, salut !.

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    • Temps de fête Douarnenez - 19 au 22 aout 2012 - Damien – 28 ans .Une faucille à la main, Damien dégauchit une tige de bois d’orme. Sous le regard des curieux, le jeune homme fabrique avec patience des casiers de pêche en bois. Cette technique, ce savoir-faire, il l’a appris tout petit auprès de son grand-père et de son oncle. « Dans ma famille, tout le monde avait un bateau pour aller à la pêche. L’hiver, on fabriquait à la main des casiers en bois pour pêcher ensuite des langoustes et des homards. ». Il faut dire qu’à l’époque, le casier est presque une spécialité à Douarnenez. Dans les années 1960, le port breton est réputé pour sa pêche à la langouste rose au large des côtes africaines. De mémoire d’anciens, plus de mille casiers avaient été construits pour une campagne de pêche à la langouste, au large de la Mauritanie. Mais au fil des marées, la tradition se perd. Le casier en plastique détrône vite celui de bois. « Même les anciens sont passés au plastique. C’est vrai que fabriquer un casier nécessite un peu de temps et d’effort, il faut couper du bois, le faire tremper... Mais le plastique fait tellement de dégâts d’un point de vue environnemental ! ». À raison de deux casiers par bateau plaisancier, et compte tenu de la proportion d’entre eux qui s’égarent dans la mer, il est aisé d’imaginer les quantités de plastique qui finissent par polluer nos océans. Alors pour pallier à ce problème et pour préserver ce savoir-faire, Damien ne cesse de fabriquer des casiers et de partager ses connaissances. «  Je fabrique des casiers selon différentes techniques que j’ai apprises auprès des anciens et que je partage volontiers avec les gens intéressés. Et puis, les casiers que je fais, je les troque ensuite avec ceux qui veulent. ». Il faut savoir que le labeur est vite récompensé, car les crustacés se laissent plus facilement berner par les casiers en bois. Après les festivals maritimes, Damien pourra enfin retourner pêcher le homard !.

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    • Temps de fête Douarnenez - 19 au 22 aout 2012 - Guy – 53 ans.Un béret sur la tête et le sourire aux lèvres, Guy apparaît à travers une nappe de fumée à l’odeur de poissons. « Sorry Sir, je suis saurisseur…. » L’homme aime s’introduire ainsi. Effectivement, Guy saure le hareng, mais aussi le saumon, le lieu et d’autres poissons. Cette technique traditionnelle, qui fut pratiquée en Bretagne jusqu’au début du XXe siècle, consiste dans un premier temps à saler le poisson, à le rincer, puis à le sécher pendant près d’une heure dans la fumée. Depuis près de vingt ans, Guy fait revivre la tradition et partage son savoir-faire avec le public. « En 1992, le musée du bateau de Douarnenez a passé une annonce disant qu’ils recherchaient un animateur pour fumer du poisson lors des fêtes maritimes. J’ai été le seul à me présenter ! ». À l’époque, Guy est peintre en bâtiment, mais il est loin d’être novice en matière de saurissage. « En 1986, j’ai rencontré un Hollandais, René, qui fumait traditionnellement le poisson dans son pays. C’est lui qui m’a appris la technique. » Un fût en métal, de la toile de jute, et des copeaux, suffisent à donner un goût délicieux au poisson. Et depuis, ce Breton d’adoption s’est aussi initié au cordage en chanvre, au ramendage de filet de pêche... À chaque festival, Guy est là, pour transmettre avec le public ce savoir-faire ancestral. «  C’est important de garder la tradition. »

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    • Temps de fête Douarnenez - 19 au 22 aout 2012 - Dominique – 65 ans.Naviguer sur une pirogue, tel était le rêve d’enfant de Dominique. Etonnant pour un gamin de Noirmoutier, qui passe ses journées à réparer des bicyclettes dans la boutique de son père. « Enfin je ne les réparais pas vraiment, comme ça les gens revenaient ». Il fallait bien faire son beurre, et puis surtout Dominique aimait écouter les histoires des clients, des marins pour la plupart, qui lui livraient à grands flots leurs récits d’aventures maritimes. Peu à peu le « gosse des bicyclettes » ressent l’appel de la mer. À quinze ans, il embarque comme mousse sur le thonier « Maria Gilberte ». À la majorité, il entre dans la marine nationale. Il parcourt les océans du globe, avant de faire escale en Polynésie pour participer aux essais nucléaires français. « Là-bas, j’ai vu deux champignons atomiques ! ». L’enfant de Noirmoutier poursuit sa carrière dans la marine marchande. Quand on lui demande son plus bel exploit, il répond fièrement « J’ai passé le Cap Horn à bord d’un neuf mètres cinquante. » Impressionnant ! « Oui, j’étais en train de réparer le canot de sauvetage du paquebot Mermoz ! », ajoute-t-il le sourire aux lèvres. Dominique n’a pas sa langue dans sa poche. Il aime se jouer de son auditoire. Il aime aussi lire des bouquins d’histoire. C’est en plongeant dans les livres, que sa passion pour les pirogues à balancier a grandi. En 2008, alors qu’il est depuis sept ans à la retraite, un ami lui ramène en souvenir, une pirogue de Madagascar. Son rêve de gamin se réalise enfin ! Dominique la baptise « Taraboufick » en mémoire à une insulte lancée un jour à un colonel. À quai lors des festivals maritimes, en mer par temps calme, le joyeux luron promène fièrement, de Vendée en Bretagne, sa pirogue à balancier, qui il est vrai fait rêver.

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    • Temps de fête Douarnenez - 19 au 22 aout 2012 - Ruddy & Anna.Tout commence par une rencontre. Ni Ruddy, ni Anna, n’appartiennent au monde du cordage, mais c’est ensemble qu’ils vont se découvrir cette passion commune. À force de lectures et d’expérimentations, le couple apprend sur le tas et se lance dans l’aventure d’une corderie spécialisée dans le chanvre et l’imitation de chanvre. « Il faut savoir qu’aujourd’hui la plupart des vieux gréements ont des bouts en imitation chanvre, car ça a une durée de vie plus longue. ». En 2009, des suites de la tempête Xynthia et de l’inondation de la corderie royale de Rochefort, l’entreprise se voit confier la réalisation d’un grelin en chanvre de 140 mm de diamètre sur 40 mètres de long. L’ouvrage pèsera plus de 1600 kilos, un travail titanesque que Ruddy et Anna produiront en petit comité dans leur corderie familiale. « L’idée pour nous, c’est de faire de l’artisanat dans un esprit de convivialité. Nous passons beaucoup de temps à discuter avec le client avant la réalisation.». Aux salons nautiques, aux festivals maritimes, Ruddy et Anna trimbalent leurs tourets de bouts et toute une panoplie de pièces d’accastillage. Ici, ils aiment échanger avec leurs futurs clients. Mais le monde de la mer n’est pas le seul endroit où l’on peut voir les ouvrages de la corderie Gautier. «  On fabrique aussi de la corde pour des décors de cinéma, comme pour le film « La Rafle ». On a aussi conçu un ring de catch, et l’on fournit tous les cordages de la compagnie Royal de Luxe. ». Des heures et des heures de matelotage, pas toujours facile à valoriser, mais quand on aime on ne compte pas !

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    • Temps de fête Douarnenez - 19 au 22 aout 2012 - Serge.Un micro à la main, le ton calme et posé, Serge lit les notes éparpillées sur son bureau. Le programme du festival, l’historique d’un voilier, difficile de savoir comment ce présentateur s’y retrouve entre les mots soulignés, les phrases surlignées, les paragraphes rayés... Tout simplement, des années de métier ! Depuis près de vingt ans, Serge est « le » présentateur spécialiste des courses de voile et des festivals maritimes. La route du Rhum, la Transat Jacques Vabre, la Solitaire du Figaro… Aucun départ de régate n’échappe au commentateur chevronné. Qui aurait pu l’imaginer, à l’époque où il était encore animateur sur Radio France Cherbourg ? « J’ai rencontré en 1995, Gérard Petipas, le navigateur d’Eric Tabarly, c’est lui qui m’a proposé de commenter le départ d’une régate. La veille de la course, j’ai dévoré les livres. Les notions comme bâbord et tribord, me paraissaient très techniques ! ». Sa renommée, Serge l’a donc construite en travaillant, en s’instruisant mais aussi au fil des années, au fil des rencontres. Sa première interview, c’était avec Loïc Peyron, lorsqu’il concourait pour la troisième fois la Course de l’Europe. Pour mieux comprendre les navigateurs, Serge décide rapidement de mettre le pied à l’étrier ou plutôt sur un voilier. « Je voulais connaître le vrai ressenti des marins, alors j’ai commencé à naviguer avec des copains à Granville. » Et puis le présentateur a aussi su innover. À ses débuts dans le monde de la voile, il propose la première table ronde en France entre des navigateurs et le grand public. « À l’époque, les marins n’avaient pas beaucoup l’occasion de s’exprimer, pourtant ils en avaient envie. Tout le monde y a trouvé son compte ». Accompagné d’un consultant technique, Serge commente les départs et les arrivées des plus grandes courses, des moments forts de la voile qu’il tente de vulgariser pour rendre accessible la discipline à un plus large public.

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    • Temps de fête Douarnenez - 19 au 22 aout 2012 - Jacques – 62 ans .À la barre du Pen Duick VI, du haut de ses un mètre quatre-vingt-dix, Jacques, alias Grand Jacques, ne passe pas inaperçu. Sur les flots ou dans les rades, le marin est connu comme le loup blanc. Il faut dire que ça fait un paquet de temps, qu’il roule sa bosse sur les océans. L’histoire, son histoire commence à Cherbourg. Gamin, Jacques navigue sur des bateaux en aluminium. Pour gagner un peu d’argent, il trafique avec son frère. « On achetait du parfum, de l’alcool, des disques…, sur les îles anglo-normandes, et on les revendait ensuite discrètement en France ». L’homme a le sens du commerce. Malgré des études de traceur de coque, il s’oriente dans cette voie. Il fait les marchés, puis il achète deux boutiques de chaussures et de vêtements dans la « rue de la soif » de Cherbourg. Bien sûr, il passe son temps libre à naviguer. À 32 ans, suite à une séparation, le jeune homme largue les amarres pour s’engager dans une vie de marin. Il embarque comme skippeur sur des voiliers pour faire du charter entre l’Angleterre, l’Irlande et les îles Anglo-normandes. À deux reprises, il délaisse quelques mois la navigation pour encadrer des chantiers navals avec des personnes en réinsertion. En 1995, il devient le convoyeur officiel du navigateur Christophe Augin, qui sur son soixante pieds fera le tour du monde en solitaire. À la même époque, commence sa relation avec les Pen Duick, des voiliers qui lui permettront de régater en équipage. Comme tout marin qui se respecte, Jacques a aussi passé le Cap Horn, navigué en Antarctique, essuyé des tempêtes de 50 et même de 75 nœuds près des Açores. « On est resté quatre heures à sec de toile ! ». À 62 ans, le vieux loup de mer est loin de renoncer au large, de faire une croix sur sa vie d’aventurier. Il compte bien retourner une nouvelle fois à Madagascar, pour retrouver le trésor de son ancêtre Olivier Levasseur, un pirate pendu haut et court en 1730 sur l’île de la Réunion.

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